Alors voilà, Metz et Obraniak, c'est fini?
"Oui... Le casier est vidé, direction le Nord..."
Tout s'est joué ce week-end?
"Oui, les dirigeants et moi sommes tombés d'accord samedi. Il ne me restait plus que quelques formalités à régler. C'est fait."
Les discussions ont duré un certain temps...
"C'est vrai mais c'était un peu compliqué. Le président voulait que je reste, moi j'avais exprimé mon envie de partir. Le club était tiraillé entre la volonté de me faire plaisir en me laissant rejoindre Lille et celle de me conserver dans l'effectif dans l'objectif de la remontée en Ligue 1. Au final, Lille a fait une offre intéressante : 1,2 million d'euros et le prêt de Daniel Gygax. Je pense que les dirigeants messins ont agit intelligemment. Tout le monde y trouve son compte."
Soulagé?
"Quelque part, oui. Au départ, c'était flatteur de savoir qu'un club comme le LOSC s'intéressait à moi, je le reconnais. Mais ces derniers temps, tout ça devenait pesant. Et j'imagine que ça a dû saouler mes coéquipiers..."
Comment vous sentez-vous à cette heure?
"Un peu bizarre. J'ai dit au revoir à tout le monde ce matin (hier), un drôle de moment. C'est dur de tourner la page. Quinze ans de ma vie défilent... Je crois que j'ai encore du mal à réaliser. Enfin, je pars l'esprit tranquille, c'était important pour moi. Et nous avons pris rendez-vous le 25 mai pour fêter la montée. J'y aurais quand même participé un peu..."
Vous n'avez jamais douté de votre choix?
"Pffff... (Il hésite quelques secondes). A la trêve, j'étais vraiment perdu. Je ne savais plus quoi penser. Ici, on m'offrait les clés pour devenir l'un des leaders de l'équipe, avec la possibilité de signer trois ans. Je ne suis pas resté insensible aux propositions des dirigeants, au projet grenat. Mais de l'autre côté, il y avait la perspective de rejoindre Lille, un des meilleurs clubs de Ligue 1 ces dernières saisons, celle de faire partie d'un groupe qui s'apprête à disputer un huitième de finale de Ligue des Champions. Ce n'est quand même pas rien."
Qu'est-ce qui a fait pencher la balance ?
"La volonté de me remettre en question, d'affronter de nouvelles difficultés. L'envie de savoir ce que je vaux vraiment."
Vous occupiez un rôle majeur dans le dispositif mis en place par Francis De Taddeo. L'idée que votre départ puisse remettre en cause la réussite de votre équipe ne vous a-t-elle pas effleuré ?
"Je sais que l'on comptait sur moi, mais comme l'a justement dit Franck (Béria) dans la presse, le FC Metz, ce n'était pas seulement Ludovic Obraniak. C'est un collectif, au sein duquel j'ai apporté ma pierre et sans lequel je n'aurais pas pu attirer l'attention de Lille. Même sans moi, cette équipe va monter en Ligue 1. J'en suis certain: il ne peut rien leur arriver."
Vous sentez-vous suffisamment armé pour poursuivre sur le même rythme en Ligue 1?
"Je n'ai aucune prétention. Jusqu'ici, lorsque nous étions en Ligue 1, je trouvais qu'il me manquait quelque chose pour faire la différence. Mais depuis, j'ai gagné en confiance, je n'ai plus peur de prendre le ballon, de provoquer, de dribbler. Je vais bosser pour m'imposer et pour le reste, on verra bien... De toute façon, je n'aurai pas trop le temps de gamberger."
La venue de Reims à Saint-Symphorien, c'était donc bien votre dernier tour de piste...
"Je n'oublierai jamais cette soirée. L'émotion... J'appréhendais les sifflets mais finalement tout s'est bien passé. Je remercie d'ailleurs tous les supporters pour leurs mots, leurs courriers, leurs encouragements..."
Comprenez-vous néanmoins que certains d'entre eux puissent être déçus par votre choix?
"Oui, c'est sûr. Chacun pense ce qu'il veut. Mais je pars la tête haute. J'ai fait mon choix, je peux me regarder dans la glace. Je n'ai jamais triché avec ce club, avec ce maillot. Je sais ce que le FC Metz a fait pour moi. Je lui dois beaucoup. Quoi que les gens en disent, mon coeur restera grenat."
Cédric BROUT.
Paru dans le républicain lorrain de ce matin